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Axe 3 : les conséquences du changement climatique, un défi au contrat social

Présentation de l'axe

L’axe 3 interroge les effets des changements et transformations liées au changement climatique en termes d’inégalités et de sentiment de justice ou d’injustice. Il s’agit également d’analyser la façon dont le changement climatique et les actions qu’il suscite viennent questionner certains droits et libertés.

L’enjeu est de saisir non seulement les inégalités d’exposition aux risques et nuisances liées au changement climatique, lesquelles commencent à être bien documentées, mais aussi les inégalités cognitives et épistémiques, ou encore les inégalités de « bien-être ». Ces dernières renvoient à des facteurs subjectifs, mais aussi à des conditions matérielles. Il s’agit, autrement dit, de saisir les inégalités de vécu, de voir comment ces différentes formes d’inégalités s’articulent et comment ces inégalités sont perçues, formulées, exprimées.

Un autre type d’inégalités que nous nous proposons de saisir concerne les inégalités potentiellement produites par les politiques menées en réponse au changement climatique. Nous parlons aussi bien du verdissement des villes, à l’implantation des énergies renouvelables, au renouveau des activités extractives qu'aux politiques incitant à des comportements plus vertueux.

Deux autres grandes questions de recherche sont associées à ce projet d’objectivation de différentes formes d’inégalités climatiques.

  1. Quel est l’impact de ces différentes formes d’inégalités, articulées aux inégalités sociales qui traversent les sociétés, sur la réception et l’appropriation des politiques menées en réponse au changement climatique (limitation de l’accès à l’eau, développement des énergies renouvelables, aides à la rénovation énergétique ou au changement de mobilités) ?
     
  2. Quels sont les effets en termes d’acceptation ou de contestation (y compris contentieuse) de ces politiques ? Ces inégalités et injustices (vécues, perçues, subies) nourrissent-elles de nouvelles mobilisations ? Comment les mobilisations pour la justice sociale s’emparent-elles du climat ? Comment les mobilisations climatiques intègrent-elles les enjeux de justice ?

L’objectif, pour l’action publique, est de ne pas penser les politiques publiques uniquement à l’aube de leur efficacité climatique, mais aussi de leurs effets sociaux et territoriaux. Les chercheurs et chercheuses impliquées dans cet axe 3 sont à la fois des économistes, des géographes, des gestionnaires, des juristes, des linguistes, des philosophes, des politistes et des sociologues, auxquels.les s’associent un psychiatre et un collègue en information-communication. Les résultats issus de ces travaux ont vocation à être diffusés par des publications, des colloques, des productions audio-visuelles et la mise en place d’un observatoire des inégalités climatiques.

Les projets de l'axe

Les régions urbaines font face à des risques environnementaux exacerbés par le changement climatique (CC). En contrôlant et en planifiant la conversion, la restauration ou la conservation des espaces de nature, l’aménagement du territoire impacte directement le bien-être des populations et leur résilience face à ces risques. Les espaces de nature contribuent en effet à la santé et au bien-être et représentent un atout d'adaptation et de résilience du fait des fonctions et Services écosystémiques (SE) qu’ils procurent (régulation des températures et des inondations, récréation et réduction de l’anxiété…).

Pourtant, les choix d’aménagement sont rarement étudiés sous le prisme de qui perd ou gagne des évolutions des espaces de nature. Cette thèse vise à :

  • Étudier la pertinence théorique et pratique d’indicateurs d’inégalités d’accès aux espaces de nature et à leurs SE, en considérant les données françaises et le défi des comparaisons internationales,
  • Analyser l’état et la dynamique des inégalités dans les régions urbaines françaises en comparant quelques cas tests internationaux et en identifiant les potentiels d’amélioration,
  • Élargir les dimensions du bien-être et les SE pris en compte et étudier l’apport pour la priorisation juste de solutions d'adaptation au CC fondées sur la nature.
Porteurs et porteuses du projet Léa Tardieu, Mihai Tivadar et Yves Schaeffer
Personnes impliquées Elie Maudry

Publié le 25 octobre 2025

Mis à jour le 13 novembre 2025