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Présentation de l'axe
Pour appréhender la diversité des expériences individuelles décrites dans l’Axe 1, il est essentiel de varier les échelles d’analyse. Il s’agit pour cela de tenir compte des spécificités des contextes locaux, ainsi que des formes d’organisations collectives qui se mettent en place face au changement climatique. Ainsi, en mobilisant une approche pluridisciplinaire intégrant l’histoire, l’architecture, l’économie, la sociologie, l’ergonomie, les sciences de gestion, les sciences politiques, la géographie et l’urbanisme, l’Axe 2 s’intéressera à différentes échelles territoriales pour analyser à la fois la résistance (constructive et obstructive) et l’adaptation rendue nécessaire par le changement climatique.
Dans les territoires exposés aux CCC (montée des eaux, dégradation de la qualité de l’air, canicules…), de nouveaux types de mobilisation ou d’organisations territoriales sont à documenter et à mettre à l’épreuve. L’architecture, la géographie, l’urbanisme, la sociologie, les sciences de gestion, la science politique permettront d’analyser ces formes d’organisation et de réponses territoriales visant la résilience face aux CCC (à l’échelle des bassins de vie, métropoles, territoires orphelins, territoires d’outre-mer). L’économie, les sciences de gestion, la sociologie des organisations, le droit, la science politique étudieront les différentes démarches d’adaptation adoptées par des entreprises de différentes tailles, en lien avec des dispositifs de soutien public ou de nouveaux types de modèles de gouvernance ou de mobilisation mixte (public-privé).
Enfin, l’économie, la sociologie et le management des organisations étudieront l’évolution des communautés territoriales qui impliquent une diversité d’acteurs : praticiens, scientifiques, acteurs socio-économiques, organisations de soutien à l’innovation. Nous examinerons les réponses émergentes des citoyens, des entreprises et des communautés, ainsi que la résilience démontrée au sein des territoires, afin de favoriser des changements durables qui puissent éclairer les pouvoirs publics et la société dans son ensemble sur les transitions efficaces. Nous analyserons de manière critique l'interaction complexe entre les acteurs humains et non-humains, les systèmes naturels et les actions humaines, en nous appuyant sur les études de transition, les sciences du risque et la recherche sur la mobilité urbaine.
Analyser les différentes facettes de la vulnérabilité aux CCC dans les contextes locaux
Alors que les CCC passent de l'extraordinaire à l'ordinaire, les caractéristiques définissant un territoire vulnérable évoluent également. En collaboration avec les entreprises, les collectivités, les institutions publiques, les citoyens, les Organisations non gouvernementales (ONG) et les associations, les chercheurs affineront notre compréhension de la vulnérabilité aux CCC. Ils se concentreront notamment sur l'organisation spatiale de la vie, sa dynamique de transmission et son contexte historique.
Certaines zones, sentinelles du changement climatique (montagnes, îles), seront explorées dans le cadre de cet axe. Elles pourraient révéler de nouveaux types de vulnérabilités et de nouvelles réponses individuelles et collectives. Par exemple, des enquêtes auprès des personnes vivant ou travaillant en montagne permettront de mettre en lumière les spécificités territoriales de la vulnérabilité au changement climatique, ainsi que la dimension territoriale des choix individuels en matière de logement ou de mobilité.
Ces enquêtes serviront de base à des processus participatifs visant à identifier les obstacles ou les ressources pour construire des scénarios d'adaptation robustes et localement pertinents. Des méthodologies de recherche similaires seront développées pour les zones insulaires. Elles compareront les contextes méditerranéens et tropicaux en mettant en évidence comment les cultures historiques liées à l'organisation spatiale de l'habitat et de la vie quotidienne offrent des paradigmes alternatifs aux modèles techniques et technologiques dominants. Les connaissances co-développées avec les acteurs chargés de la réduction du changement climatique contribueront à créer de nouveaux outils pour identifier les facteurs de vulnérabilité et à mettre en avant des perspectives alternatives pour remettre en question les paradigmes technologiques dominants.
Étudier les trajectoires d'adaptation des entreprises privées face au changement climatique
Alors que les défis environnementaux poussent les entreprises publiques et privées à s'adapter, il devient urgent de comprendre les différentes trajectoires possibles. Un objectif clé de ce défi sera de documenter les trajectoires de différentes entreprises sur différentes périodes, en s'intéressant plus particulièrement aux entreprises ayant un impact significatif sur le changement climatique (Dalmasso, 2022). L'objectif sera d'observer comment les entreprises s'adaptent aux chocs actuels (énergie, accès aux ressources, évolution des demandes des consommateurs, remise en question politico-idéologique des systèmes de production), mais aussi comment elles réagissent aux réglementations et quelles approches exploratoires elles mettent en place.
Les projets étudieront, par exemple, les besoins financiers spécifiques à satisfaire pour les entreprises agricoles confrontées à des risques plus élevés et plus fréquents. Les recherches analyseront comment les entreprises, en particulier celles des secteurs hautement concurrentiels et à forte intensité de carbone comme l'électronique, adaptent leurs modèles économiques et leurs conditions de travail pour répondre aux exigences de la décarbonation.
En collaboration avec l'Agence nationale de l’amélioration des conditions de travail (ANACT) et l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), nous décrirons l'impact du changement climatique sur la santé et la sécurité au travail, en identifiant les risques potentiels et en élaborant des stratégies d'atténuation. Les nouvelles formes de production, les structures organisationnelles hybrides, voire les transformations radicales (par exemple, les entreprises à mission) vers un modèle de décroissance ou de désindustrialisation, seront particulièrement étudiées. Il en résultera l'identification de différentes trajectoires d'adaptation, de leurs profils historiques et de leur maturité, ainsi que des conditions favorables au maintien d'une industrie écologiquement durable.
Comprendre les transformations et le caractère innovant des socio-écosystèmes territoriaux face au changement climatique
L'objectif est de caractériser la manière dont les acteurs territoriaux s'engagent dans des pratiques de sobriété énergétique et relèvent proactivement les défis du changement climatique. Aborder cette question nécessite d'analyser la dimension collective des processus de transformation. Dans quelles mesures s'appuient-ils sur une diversité d'acteurs aux intérêts divergents, dont les interactions peuvent conduire à des solutions, à des stagnations ou à des conflits ? Ce questionnement sera traité en lien avec l'axe 3 consacré aux conflits de normes.
Un intérêt particulier sera porté aux processus de prise de décision, de pilotage et de gouvernance des initiatives de transformation visant à renforcer la résilience des socio-écosystèmes. La question des approches collectives de gestion de l'eau, en réponse aux inondations ou aux sécheresses, sera l'un des thèmes d'exploration communs des chercheurs de ce défi, mobilisant les sciences citoyennes et les approches participatives. Les projets exploreront à la fois les impacts quotidiens de la gestion des ressources en eau et les scénarios de crise (par exemple, comment simuler et anticiper les risques d'inondation pour améliorer la résilience locale).
D'autres études de cas porteront sur l'évolution des pratiques touristiques en montagne, à l'interface entre changements environnementaux, choix individuels, modèles économiques privés et évolution des réglementations. Ces projets mettront en lumière les conditions complexes qui permettent aux socio-écosystèmes de réaligner le développement humain sur les limites planétaires.
Quels sont les objectifs à long terme pour l'axe 2 ?
Les années 1 à 3 seront consacrées au renforcement de la communauté scientifique au sein de l'axe de recherche. Une série de séminaires de recherche seront organisés pour chaque défi, et ce, de manière transversale. À partir de la 4e année, les activités de médiation sociétale, de diffusion et de sciences participatives s’accéléreront.
Les projets de l'axe
Modèles économiques soutenables pour adresser les transitions
Ce projet vise à explorer des modèles économiques émergents. Ils intègrent pleinement les enjeux environnementaux et sociaux pour adresser les transformations liées aux conséquences des dérèglements climatiques et les impacts des dépassements des limites planétaires. L’objectif est de développer des modèles de soutenabilité forte en s’appuyant sur des pratiques économiques régénératives, afin d’accompagner les organisations vers une transition durable grâce à :
- La co-construction avec les organisations des concepts, méthodes et outils pour déployer une stratégie à visée régénérative à horizon 2030,
- La proposition de modèles économiques innovants qui intègrent les limites planétaires et le plancher social,
- L’expérimentation et des tests sur des modèles de régénération pour ancrer les principes du régénératif dans des modèles d’affaire résilients et robustes.
Comment construire une stratégie à visée régénérative par la conception de nouvelles solutions et par l’équilibre entre robustesse et performance des chaînes de valeur et des modèles économiques ? Une question que nous tiendrons en ligne de fond des recherches à venir.
| Porteurs et porteuses du projet | Valéry Merminod, Emmanuelle George, Marie Anne Le Dain et Maud Rio |
Pourquoi les promoteurs et promotrices de la transition socio-écologique ne sont pas entendus ?
En dépit de la multiplication des événements socio-écologiques et des nombreuses données scientifiques démontrant la non-durabilité et la vulnérabilité des modèles actuels, les promoteurs de la transition socio-écologique peinent à se faire entendre. Scientifiques, militants associatifs ou politiques, entrepreneurs et experts institutionnels sont parfois écoutés lorsqu’il s’agit d’adaptation ou d’atténuation. En revanche, ils le sont beaucoup moins lorsqu’ils défendent un véritable changement de modèle.
L’hypothèse centrale de cette recherche est que ce paradoxe réside dans la capacité – ou l’incapacité – des promoteurs de la transition à accomplir le « travail politique » de définition du problème. Celui-ci doit être formulé en termes de vulnérabilités et de rapports de pouvoir, deux dimensions essentielles pour légitimer et mettre en œuvre un changement de paradigme. L’objectif est d’accompagner l’évolution des modèles de développement, d’aménagement et de gouvernance afin d’ouvrir de nouvelles voies de transition soutenues par l’action publique.
L’enquête s’appuie sur la méthode de l’intervention sociologique et sera menée en région Nouvelle-Aquitaine. Elle concernera des acteurs impliqués dans quatre enjeux de transition majeurs :
- L’agriculture,
- La réindustrialisation,
- La mobilité,
- La submersion marine et l’aménagement urbain.
| Porteurs et porteuses du projet | Éric Macé, Caitriona Carter, Olivier Cousin, François Dubet, Sandrine Rui, Andy Smith |
Territoires insulaires face au changement climatique (TICC)
Les littoraux des territoires insulaires, zones d'interfaces, sont des espaces fragiles et fortement exposés aux conséquences graduelles du changement climatique. Ces problématiques nécessitent d'engager le développement de stratégies de gestion durable du système littoral, en passant par la compréhension des phénomènes et des menaces potentielles à l'adaptation des territoires et des sociétés sur du long terme. Des freins apparaissent (politiques, économiques, sociaux) qui laissent entrevoir les difficultés d'une gestion durable. Les leviers reposent, selon nous, sur la prévention et l'acceptabilité sociale.
Les sociétés ne s’interrogent plus sur la manière de maîtriser l’aléa, mais s'inscrivent dans un nouveau paradigme d’adaptation. Certains secteurs économiques (relevant également d'une dimension sociale) sont particulièrement vulnérables. Dans ce projet ont été particulièrement identifiés le secteur touristique et le secteur pêche. Se focaliser sur certains groupes sociaux apporte une réalité terrain sur les attentes et les besoins. Cela permet également de relever les craintes ressenties par ces groupes sociaux tant sur les phénomènes liés au changement climatique (élévation du niveau de la mer, acidification des océans, etc.), que sur les stratégies d'adaptation (adaptation structurelle, préparation à certains phénomènes paroxystiques, relocalisation, etc.). Mieux connaître et comprendre les perceptions et représentations des acteurs donnent l'opportunité de proposer des stratégies acceptables.
Ce projet contribue à identifier et à prendre en compte les attentes sociales sur les problématiques d'adaptation au changement climatique. pour appréhender les freins et leviers au développement de stratégies de gestion durable. Les échanges avec les institutionnels, les gestionnaires et les usagers des milieux littoraux ont vocation à donner des clés de lecture et de compréhension des dynamiques spatio-temporelles des littoraux. Ils sont en lien avec la littoralisation croissante dans un contexte de changement climatique.
| Porteurs et porteuses du projet | Stéphanie Defossez Laboratoire de géographie et aménagement de Montpellier (LAGAM), Tony Rey, Marie Karpoff, Matthieu Péroche Université de Montpellier Paul-Valéry (UMPV) LAGAM, Narcisse Zahibo Laboratoire de recherche en géosciences et énergies (LARGE), Université des Antilles, Anaïs Coulon, Agence territoriale de l’environnement (ATE) de Saint-Barthélemy LAGAM, Thomas Candela, Bureau d’étude Riscrises, Montpellier LAGAM, Eden Gréaux Collectivité de Saint-Barthélemy, STIS, sécurité civile, Aéroport de Pointe-à-Pitre, Commune de Gourbeyre (Guadeloupe). |
Résilience socio-économique et écologique des systèmes urbains
Derrière les fractures apparentes entre métropoles et hinterland, il existe un ensemble de flux invisibles qui relient les territoires. Une meilleure connaissance des flux de richesses et de matières aiderait les acteurs publics et privés à accroître la résilience économique des territoires dans un contexte de transition écologique. Le projet repose sur des méthodes quantitatives afin de mesurer les interdépendances. Elles seront suivies par une série d'expérimentations locales pour co-construire avec les acteurs locaux de politiques de développement économiques alternatives.
| Porteurs et porteuses du projet | Magali Talandier (Pacte) |
Étude des victimes d'événements climatiques en France et en Méditerranée (VICTICLIMAT)
Le projet a pour objectif de renseigner et d'analyser la mortalité liée aux phénomènes climatiques extrêmes en France et possiblement en Méditerranée. Il part de la base VICT-In (victimes des inondations) dont les données (disponibles en ligne) recensent 330 victimes des crues torrentielles dans le sud de la France. Il renseigne sur le profil des victimes et les circonstances de décès. L'ambition est d'étendre l’étude à la France entière et à d’autres pays méditerranéens en particulier ceux du Maghreb jusqu’à présent peu explorés sur cette thématique.
Les risques concernés sont les inondations et dans un second temps les risques liés au vent (tempêtes, tornades…). Il s’agit de déterminer :
- Les lieux de décès des personnes,
- Les circonstances de décès (en véhicule, à domicile…),
- Le profil des personnes (âge, sexe…),
- Les temporalités des décès (heure, saison, évolution interannuelle).
Les attendus du projet visent à mieux connaître les caractéristiques de la mortalité liée aux événements climatiques afin d’évaluer l’efficacité de la prévention et, si possible, de l’améliorer.
La mortalité est aussi un outil d’analyse objectivable de l’évolution des impacts du changement climatique. Observe-t-on une tendance à la hausse de la mortalité ? Si oui, cette évolution est-elle à mettre en lien avec le changement climatique ou avec des facteurs de vulnérabilité comme l’urbanisation ou le vieillissement de la population ?
| Porteurs et porteuses du projet | Freddy Vinet Laboratoire de Géographie et Aménagement de Montpellier (LAGAM), Stéphanie Defossez, Jean Philippe Cherel, Katerina Papagiannaki, Béatrice Gisclard et Karine Weiss. |
Adaptation des entreprises aux changements climatiques
Les entreprises privées et publiques, de différents secteurs d'activité, doivent s'adapter au réchauffement climatique :
- Equipement de protection individuelle,
- Changement des horaires de travail,
- Télétravail
Selon les types d'activité et des possibilités de régulations individuelles et collectives (conciliation travail et hors travail), certaines populations en exercice demeurent vulnérables.
Cette recherche, en collaboration avec l'amélioration des conditions de travail (ANACT) et l’institut national de recherche et de sécurité (INRS), pourra permettre de faire un état des lieux des adaptations et d'échanger sur les bonnes pratiques au niveau des branches professionnelles.
| Porteurs et porteuses du projet | Sandrine Caroly (Pacte), Florence Chapert, Anne-Marie Nicot, Evelyne Escriva ANACT, Eric Drais et Marc Malenfert |
Nouveau modèle de gouvernance avec comme principe central le développement durable et la neutralité carbone dans un territoire : le cas du pays de Galles
Le pays de Galles est largement confronté aux aléas climatiques et doit faire face aux conséquences du réchauffement, notamment par l’importance de son littoral. L’objectif est d’étudier les points de convergence et de divergence entre les attentes citoyennes et la réponse politique apportée par les institutions. Les premières conclusions ont été présentées lors d’une communication dans un congrès organisé début juin 2025 à Toulouse.
Le premier élément frappant dans les réponses données par les participants est qu’ils ont saisi l’opportunité présentée par la consultation pour exprimer leur désaccord avec les politiques de transition vers la neutralité carbone. Ils craignent, tout d’abord, les conséquences négatives pour l’économie (encore assez dépendante des secteurs agricole et industriel) et la population.
De plus, un grand nombre de participants ont insisté sur le fait que le pays de Galles est un petit territoire, donc contributeur modeste aux émissions globales de gaz à effets de serre. Cela les a conduits à pointer l’impact paradoxal des politiques gouvernementales (bilan déficitaire entre l’impact économique et social et la diminution des émissions à l’échelle internationale).
Enfin, le coût de la transition a été mis en avant dans un contexte de restrictions budgétaires dans des domaines clé comme la santé et l’éducation. Il est donc nécessaire d’obtenir le soutien des Gallois pour ces politiques afin de les mobiliser.
| Porteurs et porteuses du projet | Stéphanie Bory |
| Personnes impliquées | Enseignants chercheurs au Pays de Galles (Cardiff et Swansea) |
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