- Imprimer
- Partager
- Partager sur Facebook
- Partager sur X
- Partager sur LinkedIn
Présentation de l'axe
L’axe 1 se concentre sur le fossé grandissant entre l’accumulation des connaissances scientifiques au sujet du changement climatique et les actions effectives sur lesquelles elles débouchent. Les recherches conduites au sein de cet axe cherchent à analyser le rôle des émotions et des affects dans cette déconnexion croissante entre savoir et action. Plus spécifiquement, les équipes impliquées tentent de répondre aux questions suivantes :
- Comment les individus et groupes sociaux parlent-ils de leurs expériences et de leurs vécus du changement climatique, qu’il s’agisse de transformations ordinaires et incrémentales ou d’événements extraordinaires (comme les mégafeux ou les canicules) ?
- Ces expériences et connaissances pratiques peuvent-elles alimenter la construction de futurs intégrants atténuation et adaptation au Changement climatique (CC) ?
- Comment les contextes sociaux, nationaux, culturels et politiques façonnent-ils les chances de passage du vécu à l’action ?
- Des récits prospectifs, venus de la littérature et des arts notamment, peuvent-ils servir de base pour encourager l’action ?
Les chercheurs qui participent à cet axe appartiennent à un large éventail de disciplines inscrites dans les sciences humaines et sociales (économie, sociologie, littérature, psychologie sociale, science de gestion, histoire…).
Paul Cary (Université de Lille, Centre de recherches « Individus, Épreuves, Sociétés » (CeRIES)) développe actuellement des recherches au Brésil (Ceará) et en France autour de la façon dont les sociétés se saisissent ou non des enjeux écologiques.
Les projets de l'axe
Les arts face aux vécus du changement climatique – la question de l’eau et des inondations
L’approche artistique permet de considérer le sensible et l’imaginaire dans la question du vécu du changement climatique, particulièrement pour ce qui est de l’eau. Les sinistrés du Nord-Pas-de-Calais ont subi deux vagues successives d'inondations en 2023-24. Ce point de départ factuel ouvrira des pistes pour explorer la façon dont se constitue une mémoire des déluges, des souvenirs à la fois anxiogène et porteur de lucidité.
Un film comme outil de médiation permettra d’affirmer le rôle des différents arts dans la construction d’un d’une image et d’une pensée commune. Des structures présentes sur le territoire des Hauts-de-France (compagnies artistiques, collectivités locales, associations…) seront impliquées dans le projet pour lui donner un ancrage local. En outre, des chercheurs en sciences seront mobilisés pour apporter au projet des données objectives. Des temps de rencontres avec des artistes (écrivains et cinéastes) travaillant sur l’eau et l’inondation, seront également proposées dès octobre 2025. Enfin, un colloque international sera organisé (sur le son et l’eau) pour donner à la thématique retenue, une ouverture contemporaine sur les travaux des chercheurs et les pratiques des artistes.
| Porteurs et porteuses du projet | Alexandre Chèvremont (référent) |
| Personnes impliquées | Maxence Cambron, Nathalie Delbard, Joao Fernandes, Ariane Martinez, Bianca Maurmayr, Antonio Palermo, Véronique Perruchon, Géraldine Sfez, Sonny Walbrou (en 2025) Les étudiants du Master Arts, certains doctorants et membres associés du Centre d'Étude des Arts Contemporains (CEAC), Rebekka Deubner, Nina Léger, Compagnie La Phenomena, Daniela Lorini, Mathieu Simonet et Ysé Sorel |
Analyser les vécus face aux transformations du paysage : perspectives croisées entre Nordeste brésilien et Hauts-de-France
Le projet « Analyser les vécus face aux transformations du paysage : perspectives croisées entre Nordeste brésilien et Hauts-de-France » s’intéresse aux transformations des paysages sous l’effet des bouleversements climatiques et à leur appréhension par les habitants. Les recherches sur le littoral se dérouleront surtout sur la côte d’Opale en Francees et pour les territoires semi-arides de la région Nordeste, principalement dans l’État du Ceara.
Le projet vise à décrire les tensions auxquelles sont soumis les littoraux et territoires vulnérables, non seulement à cause des transformations climatiques (comme l’érosion et le risque de submersion marine pour les côtes), mais aussi à cause des politiques de (non)adaptation menées localement, en particulier via la localisation d’industries stratégiques et d’infrastructures touristiques.
Face aux transformations des paysages, les expériences des habitants seront appréhendées au travers des dispositifs mêlant enquêtes sociologiques et interventions artistiques (arts visuels, principalement la photographie). Un forum hybride visant à détailler et analyser les attachements des habitants aux lieux et aux paysages sera mis en place. Grâce à la conception d’interventions photographiques, la tenue de registres, l’enregistrement de récits et la co-conception de dispositifs de restitution, il s’agira de :
- Détailler les processus en cours,
- Décrire les vécus et les adaptations,
- Sauvegarder les images des lieux vulnérables,
- Réfléchir sur leur patrimonalisation
- Expliquer, analyser et relayer les résistances locales, les analyser et les relayer.
| Porteurs et porteuses du projet | Paul Cary |
| Personnes impliquées | Collaboration avec deux photographes français (Lionel Pralus, Lucie Pastureau) et une photographe brésilienne (Mariana Smith) |
Incertitudes et représentation du changement climatique
Ce projet explore l'interaction entre l'incertitude et les représentations du changement climatique. La littérature en psychologie et en économie montre que les croyances sont souvent influencées par les désirs et préférences des individus, un phénomène connu sous le nom de « croyances motivées ». L'incertitude joue un rôle clé en renforçant ces croyances. Il permet aux acteurs de s'éloigner des faits et de se créer une marge de manœuvre cognitive. L'objectif principal est d'étudier comment les individus utilisent l'incertitude scientifique pour justifier l'inaction climatique, que ce soit en matière d'adaptation ou de mitigation.
Le projet mettra également l'accent sur les croyances de second ordre, c'est-à-dire ce qu'un acteur croit que les autres croient, alors qu’ils peuvent être encore plus biaisées. Les méthodes employées incluront des approches expérimentales, en laboratoire et en ligne, ainsi que des enquêtes par questionnaire. Les références clés incluent les travaux de Benabou (2015) sur l'économie des croyances motivées, de Drobner (2022) sur l'anticipation de la résolution de l'incertitude, et de Zimmermann (2020) sur la dynamique des croyances motivées.
| Porteurs et porteuses du projet | Fabrice Le Lec, Julien Benistant, Arthur Prevel |
| Personnes impliquées | Fabrice Le Lec, Julien Benistant, Arthur Prevel, Loïc Berger, Sophie Massin, Marie-Pierre Dargnies, Anne-Gaelle Maltese, Etienne Dagorn et Maria Montoya |
Perceptions Militaires (PerMil)
La montagne apparaît comme un observatoire privilégié du changement climatique et de ses conséquences selon le Laboratoire Innovations et transitions territoriales en montagne (Labex ITTEM). Une équipe de chercheurs du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA) se propose d’étudier la perception du changement climatique et de ses conséquences à travers le regard et la pratique des troupes de montagne (27ᵉ Brigade d'Infanterie de Montagne), basées depuis la fin du XIXe siècle dans les Alpes. Il s’agit d’une expérience fondée sur une observation quotidienne et ininterrompue de la montagne alpine depuis près de 150 ans.
La démarche scientifique cherchera à comprendre les moyens, les mises en récit, les adaptations et les interactions avec la société civile et les territoires de montagne. La méthodologie de travail consistera à établir un questionnaire destiné à collecter les informations, à analyser la documentation écrites, orales et visuelles, sur le temps long afin de mesurer les rythmes et l’accélération de cette perception au cours des XXe et XXIe siècles. Des comparaisons avec les perceptions plus anciennes de changements climatiques, à travers les savoirs militaires de l’époque moderne (notamment P-J de Bourcet et autres) pourront être mises en œuvre.
| Porteurs et porteuses du projet | Stéphane GAL |
| Personnes impliquées | Anne Dalmasso, Anne-Marie Granet, Christophe Capuano, Isabelle Gaillard, Erika Wicky, Julien Caranton, Florent Mézin, Vincent Arpin, Clarisse Coulomb, Stéphane Gal et Florence Roche |
Comprendre le déni et la résilience face aux dérèglements climatiques
Ce projet vise à comprendre pourquoi, malgré une conscience accrue des changements climatiques et des expériences vécues de leurs effets, les individus et les collectifs peinent à traduire ces perceptions en actions concrètes. Il explore les freins structurels, psychologiques et politiques à l’action vers la transition écologique. Pour cela, il s’appuie sur une approche interdisciplinaire combinant : psychologie, sciences politiques, IA et neurosciences.
Les enjeux scientifiques consistent à identifier et modéliser les mécanismes qui inhibent l’engagement individuel et collectif, tels que les biais cognitifs, les appartenances identitaires ou la désinformation. Parmi les résultats attendus figure la production de connaissances fines sur les résistances à l’action et la conception d’outils méthodologiques innovants pour mesurer les écarts entre attitudes rapportées et comportement réel.
Les impacts scientifiques incluront le renforcement de la recherche française sur les obstacles à la transition écologique et la production de modèles explicatifs transdisciplinaires. Sur le plan sociétal et économique, le projet contribuera à éclairer les décideurs publics et privés sur les leviers d’action les plus efficaces. Il alimentera ainsi des dispositifs de formation et de médiation visant à renforcer la résilience collective face aux changements climatiques.
| Porteurs et porteuses du projet | Mermillod Martial |
| Personnes impliquées | Isabelle Ruin, Marina Reyboz et Roxane Ayral |
Étude des croyances erronées concernant l’adoption de comportements pro-environnementaux par les pairs (False Opinions on Green behaviors, FOG)
Le changement climatique impose une transformation des comportements de consommation vers plus de durabilité, notamment par la réduction de la consommation de viande au profit de substituts végétaux. Pourtant, les perceptions des consommateurs à l’égard de ces substituts restent peu étudiées. La littérature en économie comportementale montre que l’adoption de comportements durables dépend fortement des normes sociales perçues, mais est souvent freinée par des croyances erronées sur les comportements des pairs. Ce projet vise à mieux comprendre ces biais et à tester des moyens de les corriger.
Le premier objectif est d’évaluer les attitudes et les décisions des consommateurs en fonction de leur perception des normes sociales. Nous mettrons en place une enquête pour mesurer les croyances de premier et de second ordre, et leur lien avec des mécanismes psychologiques comme les stéréotypes ou l’ignorance plurielle. D'autres dimensions (plaisir, prix, santé, environnement) seront également prises en compte, ainsi que d’autres comportements pro-environnementaux. Le second objectif est de tester l’efficacité de mécanismes correcteurs des croyances sur l’intention d’adopter des comportements pro-environnementaux. Une seconde enquête permettra d’évaluer ces effets. Notre ambition est d’éclairer les politiques publiques sur le rôle des croyances sociales dans le changement comportemental.
| Porteurs et porteuses du projet | Benjamin Ouvrard et Sabrina Teyssier |
- Imprimer
- Partager
- Partager sur Facebook
- Partager sur X
- Partager sur LinkedIn