- Imprimer
- Partager
- Partager sur Facebook
- Partager sur LinkedIn
"Outre la question de l’épuisement des ressources environnementales, le changement climatique met en exergue le rôle fondamental que jouent les éléments naturels (l’eau, l’air, les sols, le végétal…) dans la mise en ambiance de nos milieux de vie et dans les manières de les habiter. Ces divers éléments relèvent de facteurs d’ambiance autant que de ressources environnementales. Ils participent de notre expérience sensible tout en nourrissant notre milieu de vie. Par ailleurs, ces changements climatiques s’accompagnent de métamorphoses des sensibilités ordinaires (par exemple, notre attention au climat et à ses bouleversements s’exacerbe), des expériences sensibles et des manières de concevoir qu’il convient de saisir et de spécifier.
Appréhender la question du changement climatique et de ses conséquences depuis l’ambiance permet précisément de travailler à l’échelle des expériences ordinaires et des situations banales de la vie quotidienne, en portant attention aux enjeux socio-esthétiques que ces changements opèrent. L’ambiance infuse le quotidien, lui donne certaines tonalités. Ce faisant, elle transforme dans le temps et en profondeur les rapports que nous entretenons à nos milieux de vie, les gestes quotidiens, les formes de vie sociale, les sensibilités. Au-delà des grands récits sur l’Anthropocène, l’attention portée aux ambiances du changement climatique participe donc d’une tentative de penser leur dimension opératoire sur les situations concrètes, locales du quotidien et de s’interroger sur les attachements que nous nouons aux territoires dans lesquels nous sommes et nous vivons. Il s’agit ainsi de prêter autant attention aux sentiments diffus de vulnérabilité, aux sensations de dépaysement et aux adaptations quotidiennes que ces changements produisent ici et maintenant, autant qu’aux phénomènes à bas bruit qui rendent nos espaces plus ou moins habitables et hospitaliers.
1. Une écologie sensible du changement climatique et de ses conséquences. Cas d’études sur un territoire insulaire tropical : l’île de la Réunion
Nous proposons une approche singulière du changement climatique et de ses conséquences, qui se distend des grands récits de l’Anthropocène, pour porter attention aux manières actuelles de sentir et d’habiter les transformations socio-écologiques liées au changement climatique. Il s’agit, d’une part, de penser l’émergence de « sensibilités écologiques » et la manière dont celles-ci transforment les rapports ordinaires aux territoires et les interrelations entre humains et non humains. Il s’agit, d’autre part, d’interroger les manières de (co)habiter et de « transitionner » dans les territoires métropolitains, péri-métropolitains, montagnards affectés par ces changements en abordant les pratiques habitantes et les manières d’habiter les transformations socio-écologiques.
En particulier, un travail post-doctoral sera mené à l’île de la Réunion, un territoire insulaire en milieu tropical, particulièrement impacté par le changement climatique. Ce territoire concentre un ensemble de travaux et de rapports d’études à ce sujet, promouvant l’île comme un laboratoire de l’adaptation et de l’écologisation des pratiques d’aménagement. Sur ce terrain, il s’agira de documenter les manières dont les transformations des milieux sont observées et prises en charge, que celles-ci relèvent d’évolutions lentes, sur le long terme, ou par des basculements brutaux lors d’épisodes climatiques extrêmes. Dans la perspective d’une approche par les ambiances, on cherchera avant tout à décrire des relations habitantes à leurs milieux de vie, les formes d’attachement qui en découlent et les pratiques et les stratégies d’adaptation à des milieux en mutation. Auprès d’acteurs institutionnels en charge de l’aménagement du territoire, on cherchera également à comprendre la façon dont la problématique du changement climatique est prise en charge et comment cela entre en dialogue, ou en confrontation, avec les habitants. Sur un territoire où les questions de justice environnementale semblent être particulièrement prégnantes, l’approche par les ambiances permet alors de faire un pas de côté et ouvre de nouvelles perspectives sur la manière d’appréhender des problèmes environnementaux.
Ce travail s’inscrit dans le cadre d’un développement de liens avec l’école d’architecture et l’université de la Réunion, en particulier auprès de chercheurs et chercheuses intéressées par cette thématique de l’adaptation au changement climatique et des sensibilités aux milieux de vie."
| Porteurs et porteuses du projet | Rachel Thomas, Sébastien De Pertat |
| Personnes impliquées | Nathalie Audas-Pousset, Suzel Balez, Céline Bonicco-Donato, Abdelkader Ben Saci, Sébastien De Pertat, Rainer Kazig, Théa Manola, Perrine Poupin, Mathias Rollot, Rachel Thomas |
| Laboratoire(s) | AAU CRESSON |
- Imprimer
- Partager
- Partager sur Facebook
- Partager sur LinkedIn